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Pensées

"L'Humanité n'est pas un état à subir, c'est une dignité à conquérir"

 -Vercors-

"Est-ce qu'on ne pourrait pas de nation en nation
tomber d'accord
sur l'amour que l'on doit aux bêtes?
De cet amour universel des bêtes par dessus les frontières,
peut-être en arriverait-on à l'universel amour des hommes."

- Emile ZOLA-



gorille-montagne.jpg 

A Violette

 

 

Le jour où nous avons appris ton handicap

je me suis remise à écrire...

 

 

Nous t'avions mis en serre avec tant de tendresse,

Que nous souhaitions te voir éclore d'une caresse.

Le doux souffle du vent n'effleura pas tes lobes

Mais c'est la main tendue du destin qui dérobe,

Qui t'attendait dehors  avec sa dure étreinte

Déposant  à  jamais sa griffe, son empreinte.

 

ma petite fleur ma tendre pousse je vais faire un jardin sur mesure

 un lopin de terre  sans barrière, où ne germent pas les blessures .

Au fil des jours et des années je dénouerai tes racines,

Et de ton cœur et tes pensées j'ôterai toutes les épines.

Je me ferai horticultrice, paysagiste ou botaniste

Qu'importe les obstacles je serai toujours ta fleuriste.

Je t'offrirai tout l'univers, la terre, la lune et le soleil

Pour que ta sève, et ton ardeur jamais trop longtemps ne sommeillent.

 

Et si malgré mes soins tu restais petite , Violette

Mais que ta tige faible résiste à la tempête

Alors Papa et moi serions heureux ma fille,

Car qu'importe les roses, les lys et les jonquilles

Avec leur fière allure et leur nombreux succès,

Avec du savoir-faire et du savoir-aimer

On peut tous voir pousser se dresser et gagner

Violettes ou Iris, capucines à tout vent

De minuscules fleurs à l'âme de géant

 

 

                                                                       Le 17 septembre 2002
                                                                         maman

Lundi 12 mai 2008
Voici quelques jours un gentilhomme me posait une question sur le site "les copains d'avant", pour savoir s'il n'avait pas été en cours avec ma soeur, dans un lycée à TOULOUSE....au siècle dernier (si si c'est vrai !)
N'ayant aucune réponse de ma part, il passa sur mon blog et me laissa un très gentil message.....
Je lui rendais bien sur la réponse et en profitais pour visiter son blog. Malgré son humilité, je dois dire que sa plume est belle, son esprit bien tourné et empreint de réalisme mais aussi d'humour. Amoureux de la planète, des animaux et des humains (?) ses textes sont dignes d'intérêt.
Et voici qu'aujourd'hui, ce gentilhomme me rend hommage sur son blog. Je me permets de reproduire ici son texte, non pour me glorifier, loin s'en faut, mais pour démontrer qu'il y a vraiment de très belles âmes sur le net et de très belles rencontres, et puis pour rendre hommage à Ester, l'étoile de toutes mes magnifiques rencontres, dont j'ai d'ailleurs recommandé le blog à l'auteur de ces quelques phrases :


Le hasard est un dieu bienveillant parfois. Il est le compagnon des vagabonds. Je suis ce bohémien qui erre sur la toile et qui trouve une guirlande, lumineuse, et qui décide de la dérouler. Il arrive que ce fil d'Ariane vous accroche le coeur parce que vous avez l'absolue certitude que la personne que vous découvrez est rare, délicate, attentionnée. Vous savez qu'il y a une soeur de pensée, de préoccupations. Je l'ai dit pour la personne dont le blog est : les-longs-nez-à-l-arche. Harmonie.
Une autre personne me semble digne d'admiration: ses coups de coeur et ses révoltes sont les miens.
Son investissement (quel vilain mot!), pour tant de belles causes, excède mes oeuvres. Je lui rends cet humble hommage en vous invitant à visiter son blog: http://mapypelette.over-blog.com (un monde de fous)
Que vos commentaires lui soient doux!"


Voici donc la réponse que je lui fis dès ce soir :


"Je suis bien émue, touchée, attendrie et humble devant cet hommage que tu me rends, moi qui ne suis qu'une simple citoyenne de la planète Terre, et qui tente, à sa manière, d'en être digne.
Je pensais le net très "superficiel", je me rends compte depuis quelques temps, qu'il nous permet de rencontrer des personnes rares, qui tout comme nous, ont l'humilité de se souvenir qu'ils ne sont qu'un assemblage de molécules qui forment à leur tour un mammifère "supérieur" (si l'on peut dire !) Alors, je me sens moins seule dans cette quête utopique d'une belle Humanité..... Je hais l'Homme pour ce qu'il fait sur cette planète et en même tant je l'aime tant.....Tu as raison, quand nous déployons ces guirlandes trouvées au fil et au gré d'internet, cela réchauffe le coeur et l'âme.
Merci à toi pour ta générosité et ta bonté.
Cordialement et à bientôt, Mapy

PS : je n'ai pas encore demandé à ma sister si elle avait un prof d'Anglais qui se prénommait Mme COLLET
rePS : tu fais partie de ma liste "coups de coeur" sur mon blog.....
Nous avions donc chacun de notre côté trouvé une nouvelle guirlande à dérouler.....
Merci aussi à Mr GALES pour son message.....


(là c'est pour toi ESTER)

3ème PS : je connais une grande dame dont le blog fait aussi partie de ma liste "Ester ou la vie tout simplement". Nous ne nous connaissons que par blog interposé depuis 2 ans.... Tu peux visiter son jardin, elle oeuvre aussi pour la nature et les animaux.... Ce n'est pas une guirlande mais une merveilleuse étoile qui brille...."


Voilà quoi je voulais juste rendre hommage, moi aussi, à toutes ces âmes lumineuses, "ces guirlandes déroulées", comme le dit si joliment Kired.

A bientôt de tout mon coeur.               Mapy


par Mapy publié dans : mon petit monde ici
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Lundi 12 mai 2008

Vive les fruits, uniquement en saison.... 








 

D'ici à la mi-juin,  la France  aura importé d'Espagne plus de
83000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates...


 Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe. 

 

Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que  soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché. 

 

Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

 


 Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in  vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et  de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

 


 Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses  emploient une main-d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver. 
... Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.

 


Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. 

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.  
... Et les ouvriers agricoles  sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré ... 

La production et l'exportation de la fraise espagnole, (l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril), représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises... 

 

                                        PAR Claude-Marie Vadrot "Politis" jeudi 12 avril 2007

 


 NB       N'hésitez pas à faire connaître ceci à vos amies et amis...

 


 

par Mapy publié dans : le monde ailleurs
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Vendredi 4 avril 2008

Je reçois ce jour, par mail, le communiqué suivant de la part de GREENPEACE :
La loi va être votée ce mardi. Si vous voulez faire entendre votre voix, vous pouvez téléphoner au Député de votre circonscription.


                  Ici l'info et la marche à suivre diffusée par GREENPEACE.


               
par Mapy publié dans : divers
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Lundi 31 mars 2008

 


 



El Tiempo a eu accès au témoignage d'une personne qui a aidé l'un de ses amis à fuir après que celui-ci avait eu la malchance d'assister au passage fantasmagorique de l'ancienne candidate à la présidence de la République colombienne.

Ingrid Betancourt flottait dans un imperméable vert trop grand pour elle, qui la couvrait des pieds à la tête. Elle "C'est Ingrid", s'est dit en lui-même ce témoin involontaire, tout en gardant le silence, comme les gens ont appris à le faire dans les villages du Guaviare depuis que la guerre a commencé à leur apporter leur lot de blessés, modestes paysans ou chefs de la guérilla. Comme il l'a avoué ensuite à son ami de San José, cet homme a eu du mal à contenir son angoisse quand il l'a vue parcourir l'étroit couloir du dispensaire flanquée de deux guérilleros des FARC qui la soutenaient pour éviter qu'elle ne s'évanouisse.

Ingrid se taisait elle aussi. "Presque à bout de souffle", elle obéissait aux instructions du personnel médical. Elle a fait oui de la tête lorsqu'on lui a demandé si elle avait mal au ventre.
Elle est ainsi restée deux heures allongée sur un brancard, où on lui a fait plusieurs piqûres. Pendant ce temps, trois guérilleros étaient postés devant le centre de soins.
D'après le témoin en fuite, le médecin a demandé aux guérilleros que la patiente soit transférée immédiatement à l'hôpital de San José del Guaviare. Ils ont refusé : tout ce qu'ils voulaient, c'est que l'état de la patiente soit stabilisé afin de pouvoir l'emmener dans un endroit où ils s'occupaient eux-mêmes des malades.

Selon ceux qui ont eu accès au dossier médical, le pronostic était réservé. Outre son hépatite B, Ingrid souffrirait de leishmaniose et de paludisme.

Le 21 février, une fois la patiente réhydratée, les guérilleros ont repris le chemin de la forêt. La tension est alors montée : qu'allait-elle devenir ? A La Carpa, un autre village des environs de San José, des rumeurs ont commencé à circuler, selon lesquelles Ingrid Betancourt aurait été vue très mal en point.

L'inquiétude a atteint son comble dans ces villages quand l'armée est arrivée pour interroger tout le monde sur ce qu'à peine quelques-uns avaient vu.

Aujourd'hui, El Capricho est militarisé, et une plainte a été déposée auprès de la direction des services de santé du chef-lieu du département [San José del Guaviare] pour "infraction au code de déontologie" en raison de la présence d'hommes armés. Le 17 mars, on apprenait que le médecin démissionnait et que l'infirmière auxiliaire et l'ambulancier demandaient leur mutation.

Lorsque le médiateur Vólmar Pérez a déclaré [le jeudi 27 mars] à tout le pays [à la radio] qu'à la lumière de plusieurs témoignages concordants il pouvait affirmer qu'Ingrid était "très gravement malade", cela faisait déjà longtemps que le Guaviare était sur des charbons ardents. [Ce même 27 mars, le gouvernement colombien proposait aux FARC de libérer un nombre important de guérilleros en échange de la libération d'Ingrid Betancourt.]
avait beau être très amaigrie, avoir le teint jaunâtre, il était impossible de ne pas la reconnaître après l'avoir vue tant de fois à la télévision.

Marisol Gómez Giraldo et Jhon Moreno
El Tiempo

par Mapy publié dans : le monde ailleurs
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Jeudi 6 mars 2008

undefined
Merci de continuer le relai pour INGRID. Il est temps à présent au bout de 6 longues années, de penser qu'Ingrid pourrait être notre soeur, notre épouse, notre tante, notre mère, notre meilleure amie. Est-ce que nous ne ferions absolument rien ?
Vu sur un site de soutien : "l'indifférence pèse plus que nos chaînes".
Allez sur le site d'Ingrid (lien ci-dessous).
Nous avons déjà envoyé une photo de nous l'année dernière tenant la bannière "LIBERTAD". Nous avons signé des pétitions. Continuons car il est inadmissible à présent que l'emprisonnement d'Ingrid perdure.


Reçu ce jour par mail :

Bonjour

Il est urgent de se mobiliser pour Ingrid qui est dans un état critique.

Envoyez un message au chef des FARC sur www.marulanda.info

Faîtes une photo LIBERTAD, seul, en famille ou en groupe d'amis www.foto-libertad.com

Et suivez les infos sur www.betancourt.info

Merci pour votre soutien

Bien cordialement

Olivier Bourgeois
Comité Betancourt FICIB

                                                                           POUR INGRID

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Jeudi 6 mars 2008

Vu sur le blog de RAKSHA, je me permets à mon tour de relayer cette précieuse info et ne manquerai pas évidemment de regarder ce film

Message d’ ATTAC France

Ecrit 20th février , 2008 par Jiminix - retour à l'index du site

ATTAC est engagée comme association (avec notamment Greenpeace, Les Amis de la Terre, la Confédération Paysanne, Inf’OGM, Via Campesina, Sciences citoyennes, Sherpa, Editions la Découverte) pour la diffusion du film “Le monde selon Monsanto, de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien” de Marie-Monique Robin.
C’est une enquête rigoureuse et approfondie sur une multinationale, une multinationale productrice de l’agent orange, de la dioxine, de l’hormone de croissance, du Round Up et des OGM. Les résultats de l’enquête, menée depuis quatre ans, sont implacables.
Nous vous invitons à faire circuler l’information dans tous vos réseaux, à soutenir ce film et le livre (plus complet) qui va paraître aux Editions de la Découverte le 6 mars.
Bien sûr, la réalisation du film et sa diffusion ne sont pas du goût de Monsanto, qui dispose de nombreux moyens de pression et n’hésite pas à se débarrasser de ses opposants, d’une manière ou d’une autre comme l’illustre le film : sa diffusion la plus large possible sera une remière garantie pour la réalisatrice et l’avenir du film.
Le DVD va être disponible dès le 11 mars en exclusivité sur arteboutique.com et dans les magasins Nature et Découverte.

En attendant, ne ratez pas la diffusion sur ARTE le 11 mars à 21 heures, faites circuler l’information, réservez votre soirée, voyez le avec des amis, organisez une réunion autour d’une diffusion publique.

Au moment où est discutée la loi sur les OGM, c’est un outil précieux !
D’autres moyens de diffusion et d’action sont en cours de préparation,
nous vous en tiendrons informés dès qu’ils seront opérationnels.
D’ores et déjà, voici quelques liens utiles ci-dessous.

Amicalement,

Le bureau d’Attac-France

par Mapy publié dans : le monde ailleurs
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Vendredi 29 février 2008


Alexandre.jpg
Heidegger m'a appris que tu es sans cesse là comme possibilité. L’Homme demeure effectivement « un être pour la mort ». Il meurt tous les jours. Il est étrange que tu sois en moi, que tu participes dès à présent à ce que je suis. Tu ne me trouveras pas au bord de la route, je t’appartiens déjà.

Les Bouddhistes le savent quand ils invitent à prendre conscience que toute existence est mortelle. Oui, nous recevons les deux en même temps. Qui engendre un enfant te prodigue. Montaigne le dit fort bien : «  Mais tu ne meurs pas de ce que tu es malade, tu meurs de ce que tu es vivant. La mort te tue bien sans le secours de la maladie. ». Qu’il est ardu d’admettre cette banalité. ? Pourquoi ai-je l’impression d’arracher les joies et les plaisirs éphémères à tes griffes si le combat est perdu d’avance ? Hier au soir j’ai partagé un repas avec des proches. Goûtant les mille dons de l’amitié, je ressentais une profonde allégresse. […]Lorsque je me suis couché, j’ai songé que je ne vivrais plus ce moment de grâce. Tu me l’avais déjà ravi. Même si je réinvitais mes amis pour tenter de reconstruire la fête à l’identique, je ne réinventerais pas cette soirée. La rencontre de la veille est morte, elle appartient au souvenir, au passé. Et je ne quitte pas la finitude. Jamais je ne pourrai revivre les heures passées, jamais.

Chaque jour je laisse derrière moi un peu de ma vie, l’homme de la semaine dernière n’est plus. Bien sûr ma mémoire conserve mon identité et ma personnalité demeure, mais à chaque instant je meurs à quelque chose, je meurs à un état, pour devenir quelqu’un d’autre. Changer c’est mourir, perdre et trouver. Naturellement mes fantasmes voudraient figer la réalité, enfermer le bonheur, le soustraire à ton emprise. Mais ton intransigeance m’oblige, pour ne plus passer à côté de l’essentiel, à oser un état d’esprit qui sache composer avec toi. […] Lorsque j’obverse autour de moi, je note que la comédie humaine, la philosophie, les Hommes dessinent toutes sortes de postures pour essayer de se faire à l’idée.

Je relève le divertissement pascalien qui plonge les mortels dans l’activité, les distractions, la fuite. Tout est bon pour abasourdir le plus petit signe de ta présence. Que ne ferions nous pas pour amasser le plus de plaisirs possibles ? Le douloureux face-à-face avec la finitude, la crainte de périr, portent à vivre sur le mode de la consommation. Maudite, tu nous pousse à multiplier les moments exaltants, à exploiter avec frénésie le temps qui nous est imparti pour ne pas en perdre la moindre miette. Tu vas rire ! J’ai assisté avec un léger dépit à l’ouverture des soldes. Les consommateurs se précipitaient dans la quête de leur bonheur.  […] Je t’imagine ricanant devant semblable spectacle. Vraiment tu dois te régaler de voir des mortels dilapider un bout de vie. En prétendant nous enrichir, nous passons à côté de l’existence. […] En amassant nous croyons nous comporter en  immortels, comme s’il s’agissait de faire des provisions pour plus tard. Pour ce plus tard je suis souvent mort à ce que, dans sa sobriété, me donne le réel. La crainte de la mort m’arrache déjà un peu à la vie. Je refuse que tu me dépouilles trop vite. Aussi, j’essaie désormais de ne plus me disperser, de cesser de constituer des réserves, pour être vivant ici et maintenant. […]

L’exercice de mourir peut, à mon sens, conduire à célébrer la vie : il m’arrive des après-midi entières de me mettre au lit, paisiblement sous la couette. Je meurs et quitte peu à peu mes ambitions, mes rêves. Je me dépouille pour un temps des attentes irréalisables, des regrets et des projets fous. Je ressens qu’un jour je ne serai plus et que le monde n’a pas besoin de moi. Je me libère des exigences pour essayer de prendre ma juste place dans l’existence. Sur le lit, je m’entraîne à la mort. Rien de macabre ici ! Je m’octroie juste une trêve pour me rappeler que je ne suis pas immortel. J’imagine alors mes enfants, ma femme, mes amis continuer leur chemin sans moi. […] La libération que tu accompliras de manière définitive, je peux l’opérer dès à présent pour, par amour de la vie, mourir à tout ce qui n’est pas essentiel.

 

                               Alexandre JOLLIEN « la construction de soi »

« Ce livre se veut une tentative de tourner la page… J’en ai marre de ressasser mon histoire qui débute par un satané cordon ombilical et qui se poursuit par dix-sept ans d’internat dans un centre spécialisé….. Si le handicap fut une porte ouverte à une réflexion, je souhaite désormais, sans le nier, la franchir, aller plus loin. […]

Alexandre JOLLIEN envisage la philosophie comme une thérapeutique de l’âme. Il met en pratique quotidiennement cette philosophie. Des séquelles consécutives à son accident de naissance, il tire une force vitale extraordinaire. C’est une véritable leçon de vie qu’il nous transmet au fil d’un court récit  Le métier d’Homme »

par Mapy publié dans : divers
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Jeudi 14 février 2008
Bonne Saint Valentin à tous les amoureux  de l'amour, de la planète, des animaux, des Hommes.

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par Mapy publié dans : divers
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"la véritable éducation consiste à tirer le meilleur de soi-même. Quel meilleur livre peut-il exister que celui de l'Humanité ?"    GANDHI



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