du fauteuil au traîneau grace à l'ESF


Comme vous le savez tous (en tout cas certains), nous avons la joie de côtoyer une «fée fleur », petit lutin à ses heures, prénommée Violette, qui ne peut hélas ni gambader à sa guise, ni virevolter ou danser tout son saoul. Par chance et pour notre plus grand bonheur, elle possède une âme enchanteresse qui met du baume au cœur. Elle chante, rit aux éclats, fait de l’humour, est toujours de bonne humeur et envoie son esprit toujours plus haut, là-haut vers les étoiles qui font briller ses yeux. Nous avons avec elle surmonté des épreuves liées à sa maladie mais aussi et surtout à cause de la « connerie » et « lourdeur » humaine tant administrative que citoyenne. (intégration scolaire, tribunal à cause de la suppression de sa carte d’handicapé suite à des restrictions des allocations : merci Sarko ! procès que nous avons d’ailleurs gagné, combat dans notre commune et ailleurs pour le respect des places GIG/GIC, etc….etc….)
Nous avons grâce à ce « combat » incessant et loin d'être fini, thésaurisé une énergie, une lucidité et une humilité non négligeables.
Les petits bonheurs ou détails insignifiants nous rendent donc « Heureux ».
Ce fût le cas pendant ce séjour dans les Hautes-Alpes, à la station « Les Orres ». L’ESF (Ecole de ski française) organisait des descentes de ski pour handicapés, afin que ces enfants ou adultes puissent profiter des sensations de glisse, de vitesse, de hauteur, du vent fouettant le visage, le cœur palpitant et l’estomac un peu noué, avec cette appréhension mêlée d'excitation. L’handicapé est déposé confortablement dans un traineau monté sur des skis. Il est emmitouflé dans un sac de couchage, puis ceinturé pour sa sécurité (d’autant plus qu’ils prennent les télésièges et que le traineau se retrouve alors en position verticale).

Violette fut donc à son tour installée confortablement dans son traineau de « reine des neiges », avec ses moufles et son bonnet « violet » de "lutin"…. Le moniteur, Lionel, s’est occupé d’elle avec soins, gentillesse et humour. Une fois tout contrôlé, il a chaussé ses propres skis et est parti avec notre petite fleur en direction des télésièges et donc des pistes….. Juste avant de me quitter, elle m’a fait signe de la main et m’a déclaré « Maman, ça va être le rêve !!!!!! » Mon cœur a tressailli… Piji a filmé le départ…. Puis ils sont montés très haut, pour 1h 30 de ballade….. Nous n’étions pas là-haut avec eux, mais vu le visage rayonnant de Violette à son retour et la fierté que nous pouvions lire dans ses yeux, nous savions que ce fût un moment magique et fort.
Alors , j’ai compris que là-haut, malgré ses jambes inertes, elle avait rejoint le commun des mortels dans l’ivresse de la glisse et de l’air pur, avec la sensation d’une immense LIBERTE.
C’est tout simple, mais j’ai eu vraiment envie de sauter au cou du mono, du monde entier, de tous les gens sur les pistes, parce que grâce à cette initiative, Violette et nous-mêmes avons été remplis de cette allégresse qui fait du bien. La vie est belle non ?