Forgeons notre propre opinion, loin des rumeurs de l'opinion publique, des
médias et du gouvernement.
Ecoutons tous les sons de cloches pour connaître réellement l'heure qu'il
est....avant de tirer des conclusions hâtives et d'arrêter le chrono sur "coupable !"
(merci LA BERNACHE pour avoir été
une de ces « cloches » (enfin si j'ose dire ! ) Je préfère employer d'autres termes : merci de nous aider à remettre de temps en temps les pendules à
l'heure)
Yvan Colonna
Le soir de l'interpellation d'Yvan Colonna le 4 juillet 2003, Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur se
réjouit de l'arrestation de l'« assassin du préfet Érignac ». Le lendemain, il déclare : « La cavale d'Yvan Colonna était une insulte à la mémoire du préfet Érignac. Elle
faisait peser une lourde suspicion sur la République, incapable d'arrêter l'assassin présumé d'un préfet de la République. ».
Plus tard, en janvier 2007, à des journalistes qui lui demandent s'il croit que Colonna est coupable, Nicolas
Sarkozy répond « Si vous le savez, il n'y a pas que moi qui le pense, sinon je ne pense pas qu'on l'aurait gardé en prison ». Le 22 février 2007, ses avocats annoncent qu'Yvan Colonna
assigne au tribunal Nicolas Sarkozy pour « atteinte à la présomption d'innocence ». Le 4 avril 2007, il perd ce procès en référé (le tribunal a estimé que les propos du
ministre de l'Intérieur, même s'ils « suscitaient une impression certaine de culpabilité » d'Yvan Colonna, ne le présentaient pas comme l'auteur du crime et ne portaient pas atteinte à
ses droits.
À partir du mois de février 2006, « l'affaire Colonna » a suscité de nombreux soutiens, notamment celui
de la Ligue française des Droits de l'Homme, l'avocat d'Yvan Colonna faisant partie de cette organisation. Un comité de soutien a été officialisé en septembre et a recueilli
35 226 (13 décembre 2007) signatures en faveur de « l'équité et du respect de la présomption d'innocence».
L'un des avocats d'Yvan Colonna, maître Antoine Sollacaro, a évoqué une « erreur judiciaire »,
affirmant que le dossier est « absolument vide de preuve .»
Dans quelques années l'affaire IVAN COLONNA rejoindra t-elle la liste non
exhaustive ci-dessous :
Rappelons nous :
L'affaire Dreyfus a pour origine une erreur judiciaire sur fond d'espionnage et d'antisémitisme,
dont la victime fût le capitaine Alfred DREYFUS Français et Alsacien d'origine, de religion juive. Cette affaire a bouleversé la société française pendant douze ans, de 1894 à
1906
À la fin de l'année 1894, le capitaine de l'armée française Alfred Dreyfus, polytechnicien, Juif d'origine
alsacienne, accusé d'avoir livré aux Allemands des documents secrets, est condamné au bagne à perpétuité pour trahison et déporté sur l'île du Diable. À cette date l'opinion comme la classe
politique française sont unanimement défavorables à Dreyfus.
Certaine de l'incohérence de cette condamnation, la famille du capitaine, derrière son frère Mathieu, tente de
prouver son innocence, engageant à cette fin le journaliste Bernard Lazare. Parallèlement, le colonel Georges Picquart, chef du contre-espionnage, constate en mars 1896 que le vrai
traître avait été le commandant Ferdinand Walsin Esterházy. L'État-Major refuse pourtant de revenir sur son jugement et affecte Picquart en Afrique du Nord.
Malgré les menées de l'armée pour étouffer cette affaire, le premier jugement condamnant Dreyfus est cassé par la
Cour de cassation au terme d'une enquête minutieuse, et un nouveau conseil de guerre a lieu à Rennes en 1899. Contre toute attente, Dreyfus est condamné une nouvelle fois, à dix ans de travaux
forcés, avec, toutefois, circonstances atténuantes. Épuisé par sa déportation de quatre longues années, Dreyfus accepte la grâce présidentielle, accordée par le président Émile Loubet. Ce n'est
qu'en 1906 que son innocence est officiellement reconnue au travers d'un arrêt sans renvoi de la Cour de cassation, décision inédite et unique dans l'histoire du droit français. Réhabilité, le
capitaine Dreyfus est réintégré dans l'armée au grade de commandant et participe à la Première Guerre mondiale. Il meurt en 1935.
Ethel et Julius Rosenberg
Aux États-Unis, le sénateur Joseph MacCarthy lança ce que l'on a appelé le maccarthisme ou la « chasse aux
sorcières », qui dura de 1947 à 1953. Les sympathisants, militants ou agents communistes étaient traqués par une commission spéciale, visant à empêcher le communisme de se répandre sur le
territoire.
La condamnation à mort des époux Rosenberg pour espionnage, alors qu'ils avaient toujours clamé leur innocence,
attira des appels internationaux à la clémence et une campagne très médiatisée dénonçant un complot et une erreur judiciaire. Les époux Rosenberg furent d'ailleurs les seules
personnes condamnées à mort puis exécutées pour espionnage dans le monde occidental depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Différentes sources postérieures au jugement confirment
l'espionnage au profit de l'URSS, au moins en ce qui concerne Julius, même si certaines soulèvent le caractère injuste d'un jugement strictement politique qui ne reposait que sur le témoignage de
trois personnes.
Christian Ranucci
Le 28 juillet 1976, à 4 heures 13 minutes Christian Ranucci est guillotiné. Ses dernières paroles
destinées à ses avocats auraient été : « Réhabilitez-moi. ». A part ses avocats aucun autre témoin de l'exécution ne les a entendues, il était blême et n'aurait plus dit un mot
après son « Négatif. » à l'intention de l'aumônier, selon tous les autres témoins. Avant cela il aurait dit à ses avocats « vous ne voudriez tout de même pas que je vous
félicite ».
Christian Ranucci était-il vraiment coupable ? Trente ans après, malgré ou à cause du plaidoyer en sa
faveur de Gilles Perrault, de nombreuses personnes doutent toujours de sa culpabilité. Son dossier a abouti à une profonde remise en cause de la peine de mort en France.
Lucien Bersot
C'est l'histoire d'un soldat, Lucien Bersot, fantassin sur le front de l'Aisne en
février 1915.
Ce soldat fut affublé, en plein hiver, d'un pantalon de toile blanche. En toute
logique, martyrisé par le froid, il réclama un pantalon de laine rouge garance
comme en portaient ses camarades à cette époque.
Un jour, devant son insistance, le sergent Fourrier lui en tendit un en loques,
maculé de sang, celui d'un mort. Il lui intima l'ordre de le revêtir tout de suite.
Il s'y refusa.
« Bersot, fusillé pour avoir refusé de mettre un pantalon retiré sous ses yeux à un cadavre,
n'est pas un politique, encore moins un révolté. Contrairement aux mutinés de 1917, qui exprimaient un ras-le-bol général de la guerre et de l'armée, Bersot n'a pas de conscience politique
réelle. Il n'a jamais refusé d'obéir aux ordres les plus contraignants et accepte d'aller à la boucherie avec un courage proche de l'héroïsme. Mais il refuse, à titre individuel, la bêtise et
l'injustice.
Bersot est broyé par une machine froide qui le dépasse complètement. Les officiers qui le
condamnent à mort à l'issue d'un Conseil de Guerre dont la sentence est décidée à
l'avance, les soldats qui le fusillent en obéissant aux ordres à contre-coeur, ne sont pas foncièrement mauvais.
Ils appliquent aveuglement les règles d'un jeu qu'ils n'ont pas choisi.
Paradoxalement, les humanistes qui le réhabiliteront en 1922 (ce qui fera une belle jambe à Bersot) ne feront
eux-mêmes qu'appliquer les nouvelles règles d'un nouveau jeu. On pour rait d'ailleurs se demander s'ils n'auraient pas eux-mêmes exécuté Bersot en 1915. Tant il est vrai que la destinée tragique
de Lucien Bersot n'est qu'une toute petite histoire perdue dans le fatras sanglant de l'Histoire avec un grand H. »
Sacco et Vanzetti
L'affaire Sacco et Vanzetti est le nom d'un scandale judiciaire survenu dans les années 1920 aux
États-Unis, et dont les victimes furent les anarchistes d'origine italienne Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti
Comme en Europe, les années 1919-1920 sont difficiles aux États-Unis : il faut reconvertir l'économie de
guerre et faire face à l'inflation. La fin du dirigisme étatique mis en place en 1917 et la montée du syndicalisme provoquent de nombreuses grèves dans tout le pays. En 1919, on recense 4,1
millions de grévistes qui réclament de meilleurs salaires et une réduction du temps de travail. Les grèves dégénèrent en violence et donnent lieu à des affrontements dans plusieurs grandes
villes, comme à Boston. L'année 1920 est marquée par de nombreux attentats anarchistes : les responsables politiques sont touchés, comme le maire de Seattle ou celui de Cleveland, chez
lequel une bombe explose. Les bureaux de la banque Morgan à Wall Street sont soufflés par un attentat qui fait 38 morts et 200 blessés. Les autorités prennent des mesures de répression contre les
anarchistes mais aussi contre les communistes et les socialistes américains. Certains sont emprisonnés, d'autres contraints de s'exiler. L'opinion publique amalgame les grévistes, les étrangers
et « les Rouges ». Elle craint les progrès du bolchévisme en Europe, le terrorisme de gauche et se méfie des immigrés récents qui parlent à peine l'anglais..
Le 5 mai 1920, Sacco et Vanzetti sont arrêtés ; ils sont soupçonnés d'avoir commis deux braquages (le 24
décembre 1919 à Bridgewater et le 15 avril 1920 à South Braintree où deux convoyeurs sont tués).
Le 16 août 1920, Vanzetti seul est condamné pour le premier braquage à 15 ans de prison. Le second procès qui se
clôt le 14 juillet 1921 les condamne tous les deux à la peine capitale pour les crimes de South Braintree, dans la banlieue de Boston, malgré le manque de preuves formelles. Des comités de
défense se mettent en place dans le monde entier pour sensibiliser l'opinion sur cette injustice.. Comme Sacco en 1923, Vanzetti est placé début 1925 en hôpiatl psychiatrique. Le 12 mai 1926,
leur condamnation à mort est confirmée. Le 26 mai, un bandit dénommé Madeiros, cependant déjà condamné à mort dans une autre affaire, avoue de sa prison être l'auteur du braquage de South
Braintree, mais le juge Thayer, qui n'aimait ni les Italiens, ni les anarchistes, refuse de rouvrir le dossier. Malgré une mobilisation internationale intense et le report à plusieurs
reprises de l'exécution, Nicola Sacco, Bartolomeo Vanzetti et Celestino Madeiros passent sur la chaise électrique dans la nuit du 22 au 23 août 1927, suscitant une immense
réprobation.
Le 23 août 1977, exactement 50 ans après, le gouverneur du Massachusetts Michael Dukakis absout les deux hommes,
et déclare que « tous les déshonneurs devaient être enlevés de leurs noms pour toujours »
Vanzetti, condamné avec Sacco à l'électrocution, répond le 9 avril 1927 au juge Thayer :
« Si cette chose n'était pas arrivée, j'aurais passé toute ma vie à parler au coin des rues à des hommes
méprisants. J'aurais pu mourir inconnu, ignoré : un raté. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n'aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la
justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons aujourd'hui par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu'on nous prenne nos vies, vies d'un bon
cordonnier et d'un pauvre vendeur de poisson, c'est cela qui est tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe. »
Je ne suis nullement en train d'innocenter YVAN COLONNA, je précise juste que rien
n'est clair dans cette affaire et qu'il demeure de nombreuses failles. Avant même un procès en bonne et dûe forme, Mr COLONNA était déjà nommé "meurtrier" du préfet ERIGNAC. Quant à
l'histoire des "paillotes", elle fût vite
étouffée....
A méditer donc.......L'avenir nous dira si nous avons eu raison de ne pas vendre la
peau de l'ours avant de l'avoir "incriminé".
Merci
Bernie.
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