Je pars, je pars, je pars dans ce pays, je vais fouler le sol que d'autres foulaient encore le 25 décembre 2004 sans savoir que leurs vies allaient basculer dans l'horreur. J'espère y trouver la rédemption et la vraie renaissance et que ma vie bascule elle aussi mais vers l'indicible bonheur d'être en vie. J'ai tellement honte de rester confortablement installée dans mon inertie en proie aux éternels soucis des nantis. Mon âme déborde, la coupe est pleine, je vais enfin pouvoir déverser tout mon amour des autres sur des rivages dévastés, pour tenter de toucher l'essentiel, apporter un peu de ma sueur et de ma force, canaliser la véritable énergie du don de soi, ailleurs là où l'humain a encore de vrais besoins basiques. Trop de faux soucis et de plaintes superficielles m'ont usé à l'extrême dans ce monde égoïste. Je ne veux plus être avertie ou consciente des évènements dramatiques autour de moi, je veux y participer ! Mon rôle, le rôle de chacun d'entre nous n'est-il pas de veiller au bon fonctionnement de la planète et de ses locataires ? Si nous tous, ceux qui font partie de la gente chanceuse contribuaient sans mettre en péril leur propre vie, les équilibres seraient peut-être rétablis.... Je suis et resterai une utopiste..... Un grain de blé n' a jamais fait un champ, mais ne participe-t-il pas à l'élaboration du pain ? Les atomes, les molécules, les cellules, les organes, les tissus, le corps humain, l'être humain, les peuples, l'espèce humaine s'imbriquent comme les poupées russes....et alors .... au-dessus de cette arbre généalogique croyons nous vraiment avoir atteint la cime ? n'avons nous pas l'ambition de former nous aussi un tout, réunis, rassemblés sur la planète terre ? Allons-nous la laisser devenir la cellule cancéreuse d'un plus grand organisme, qu'il faudra éradiquer pour ne pas compromettre l'EQUILIBRE des espaces infinis ?
Je ne mourrai pas avec l'horrible idée de ne pas avoir tenter, comme le grain de blé, de participer à l'élaboration d'une oeuvre qui me dépasse. Notre seul devoir serait-il donc de veiller seulement à notre descendance en mettant au monde nos propres enfants ou bien à la descendance de toute l'humanité ? Je ne sais si cette vérité n'est que mienne, mais elle me fait en tout cas avancer vers d'autres zumins, vers d'autres espaces, vers un autre continent, moi qui à 43 ans n'ai connu que des français, des québécois et des espagnols, soit parce que j'y vis, soit pour des vacances, mais jamais pour un brin de compassion. Je m'en vais trouver d'autres vertus et nécessités pour mettre à jour mes pires caprices de consommatrice mais aussi mes plus belles aptitudes enfouies, que j'offrirai librement, légèrement, sérieusement. Alors peut-être pourrais-je redécouvrir l' intuitif et le sensitif qui fera de moi un simple mammifère dépouillé de toute sa monstrueuse suffisance.
2070 JOURS....
