Quand mes chats m'offrent l'absolution

Publié le par Mapy

   

Après avoir mis en ligne et visionné ce documentaire sur la souffrance animale dans le monde, je voulais témoigner de ce que Piji et moi-même avions ressenti pendant et après le film.

Tout d'abord, dans la séquence «représailles », qui se déroule dans un cirque et où un éléphant charge et écrase des « terriens » humains (après avoir subi brimades, injures et coups de pique pour l'obéissance et l'entraînement), j'ai entendu PJ s'exclamer : « bien fait ! vas-y mon beau, écrase-les put..... !!!!! ».

De mon côté, j'ai éprouvé la rage folle d'aller tabasser de l'éleveur de porc, scalper du chinois fournisseur de fourrure, du japonais « détaillant » en dauphins, émasculer du matador et du cow-boy, gifler du dresseur de tigre, électrocuter, brûler, tailler en pièces à vif......Enfin,  n'étant pas une adepte de la barbarie, même sur du "barbare" », j'eus juste envie de leur mettre une grande baffe dans la gueule et un magistral coup de pied dans les « parties » à toute cette bande de sadiques et bouchers en tout genre

En fait, contre cette violence, je rêvais intensément du contraire.

Je me souviens avoir avoué un jour à une sophrologue, que mon vœu le plus cher serait de pouvoir aller me rencontrer dans mon enfance, pour prendre cette gamine par la main et lui chuchoter que tout irait bien dans l'avenir qui l'attendait, Que j'étais là pour veiller sur elle et qu'elle deviendrait une femme emplie et entourée d'amour. Mon expérience à ce sujet a porté ses fruits car ma guérison et ma libération des chaînes du non-amour de moi-même et la disparition de ce vide lové dans mon âme et des souffrances passées, se sont volatilisées grâce à cette régression intérieure et salutaire.

La même sensation m'est revenue, aussi intense et brûlante que la première fois : j'avais la furieuse et douce utopie d'aller prendre dans mes bras et serrer sur mon cœur tous ces animaux et leur chuchoter des mots doux dans le creux de l'oreille, et abréger leurs souffrances et changer tout, TOUT !

Comme s'ils faisaient partie intégrante de moi, faits des mêmes cellules, des mêmes atomes, des mêmes gènes. Je ressentais leur désarroi, leur sentiment d'abandon, cette cruauté et horrible solitude dans laquelle ils agonisaient.

Comme si leur libération passait par le fait qu'un humain, même un seul, vienne poser la main sur leur front pour les laisser partir dans une formidable et douce étreinte d'Amour.

Il ne s'agissait plus de régression, mais de télé-déportation dans le temps et l'espace, aptitude qu'il ne m'a pas encore été donnée d'apprivoiser et d'appréhender.

Je ne pouvais donc rien faire ?

Dans la journée, j'ai fait un câlin (parmi les centaines d'autres) à Grizzli, ma petite chatoune si câline, si « chipie » !

Ma dernière caresse à cet instant là, fût sur son front, j'ai fermé les yeux, j'ai appuyé mes doigts sur les petits os de son crâne si bien fait et j'ai pensé à tous les autres animaux que je n'étreindrai jamais. J'ai rouvert les yeux, elle me regardait de ses yeux à moitié fermés, avec cet étrange et apaisant bruit qui lui sort de la gorge et que l'on appelle ronronnement, ce n'était pas grand-chose, mais j'ai pu chasser de mon esprit toute cette impuissance que je ressentais à ne pouvoir sauver et chérir tous les animaux qui souffrent. Dans cette impressionnante caresse étaient concentrées toute ma détresse, ma colère, mon impuissance et ma honte.

Ce matin, comme tous les matins, Cola, mon gros matou roux, attendait, contre mon flanc, que j'ouvre un œil......Dès qu'il fut certain qu'il ne me réveillerait pas, il est monté sur l'oreiller au dessus-de ma tête et de sa langue râpeuse, il m'a toiletté les cheveux....PJ ne supporte pas cette marque d'attachement, il préfère les ronronnements et les grosses accolades.....Quant à moi, je trouve dans cet abandon (le mien), l'appartenance à sa tribu, la reconnaissance de mon espèce par la sienne, comme un cadeau qu'il m'offre pour me dire que je mérite son amour parce que je suis un « bon humain » ! Alors je reste humble, jusqu'à ce qu'il décide que ses démonstrations d'affection sont suffisantes. Je ne sais pas comment vous dire, mais c'est là que je ressens tous les matins cet incommensurable, indéfectible et magnifique lien qui nous unit alors que d'autres zumins ne sauront jamais le créer ou passeront leur vie à le  bafouer.

Nous qui aimons les animaux, nous qui les respectons, nous qui savourons leur compagnie, est-ce vraiment juste pour cela : leur compagnie ?  N'est-ce pas aussi une manière inconsciente et profonde de demander pardon à toute l'Espèce animale ?

Depuis avant-hier je me pose la question et j'ai ma réponse.

Mes chats me permettent de supporter mon état d'humain et ceux de MON espèce !!!!


Publié dans mon petit monde ici

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Alice 18/04/2009 22:02

bonsoir Mapy, je viens de chez Morsli où j'ai vu que tu avais tenté de me repondre avec Bazin ou Mauriac. Merci à toi, je vais essayer de me repencher sur ces auteurs alors, c'est chouette de ta part en tout cas! je vois que tu ecris beaucoup, tes articles sont tres fournis alors je repasse plus tard dans la soirée quand la maison sera endormie, j'aurais tout le calme pour te lire ainsi. Alice

CHrisboubou 10/04/2009 03:11

Pourm oi Taomugaïa le résumr fort bien: marre de ces sommes de souffrances, continuelles, quotidiennes et toujours plus détestables et douloureuses pour nous, pour ces pauvres animaux...

morsli 08/04/2009 20:59

P.S : quand j'ai dit que j'ai souri, c'est en pensant au dompteur qui avait maltraité l'animal et qui s'est fait punir : scène déjà vue sur le satellite.La video, je n'ai pas osé le regarder.

TAOMUGAIA 08/04/2009 20:34

Ce film est suffoquant. Irregardable pour ma part.Mes chats ne me seront d'aucun réconfort tant la douleur de partager ce sort abominable fait aux animaux est vive.Le meurtre animal m'est insupportable . Je suis chiant sur la plage, à gueuler contre les gosses qui ramassent des crabes et qui les laissent crever au soleil en repartant.Yen a marre, de cette somme de souffrance.

Martine Réunion 07/04/2009 22:36

Je ne regarderai pas ce film, Mapy.....Cela me fait trop de mal...Je sais trop bien ce que je vais y voir...Ce que tu écris, je le ressens profondément....Lorsque je suis avec Sya, lorsque je vais au refuge, donner un peu de temps, quand je prends quelques minutes pour caresser un des nombreux chiens errants à la Réunion....On ne peut, seul, tout réparer....Alors ce que je donne, je le donne de toutes mes forces, en pensant très fort à tous ceux pour qui je ne peux rien.....et le genre humain me désole de plus en plus.....Bisous de la vacancière.....